Au sein du petit groupe Traces Communes, nous sommes quelques uns et quelques unes à vouloir découvrir les plantes sauvages qui jalonnent les sentiers de nos montagnes. Comment les reconnaitre, quelles sont leurs vertus et comment les cuisiner et / ou les conserver. Catherine, notre hôte et guide de l’atelier Brin d’herbe, situé à Sapois dans les Vosges, répond à merveille à notre demande. Passionnée, pédagogue et accueillante, elle nous guide dans son univers qui regorge de plantes sauvages : talus en bord de route, sentier herbeux, sous-bois, parcelle de culture dédiée, potager. On y découvre des plantes que l’on connait tous, mais auxquelles nous n’avons jamais prêté attention. Nos cinq sens sont sollicités pour découvrir leur texture, leur parfum, leur goût et les faux-amis aussi, donnée primordiale pour qui veut cueillir et consommer en toute sécurité. Catherine nous indique les stades propices à la cueillette, comment accommoder chaque plante.
La préparation de chacun des plats fut réjouissante pour les sens tout autant que leur dégustation. Celle-ci fut accompagnée de kir parfumé aux sirops maison de fleurs de sureau ou de thym. Notre hôte a clôturé le repas par une tisane composée des plantes récoltées et séchées sur l’exploitation.
Merci à Catherine pour son enthousiasme à faire découvrir sa passion. Merci aux participants de Traces Communes.
Nous proposons de découvrir les recettes réalisées ainsi que les plantes cueillies lors de cette journée riche de découvertes et d’échanges. Si vous souhaitez découvrir quelques unes de ces plantes, munissez vous d’un guide ou soyez accompagné(e) par une personne déjà expérimentée.
Derrière chez moi ! Fuligules milouins et fuligules morillons !
Manue :
J’ai repéré ce matin en allant pendre le linge, une orchidée qui a élu domicile dans la pelouse derrière la maison. Je ne sais pas comment elle a pu arriver là, mais c’est une bonne surprise de découvrir une plante sauvage dans mon petit périmètre ! Ma question maintenant est de savoir si je la laisse là (mais la pelouse va être tondue), ou si j’essaie de la déplacer.
Sophie :
Dans les prairies en contrebas du Forts Dorsner, en limite de Giromagny, le regard se pose sur la crête des Vosges.
Régis :
« Je (re)découvre la nature située aux portes de la ville. Entre zone urbaine, agriculture productive jaune et vert tendre des bosquets et des lisières. Des secteurs qui inspirent la méditation et surtout des réflexions intenses sur la place de la nature dans notre existence »
Trois semaines de confinement, trois week-end successifs sans qu’il soit question de sortir au-delà du kilomètre règlementaire, muni de notre laisser-passer officiel. Pourtant le printemps déjà là, le ciel lumineux nous invitent à aller tutoyer les sommets, avec nos compagnons de randonnée.
Comment garder du lien au sein de notre petite association, quand il n’est plus possible de se réunir ? Ce week-end du 5 avril c’est à un défi photo « De ma fenêtre … », auquel chaque adhérent, armé de son appareil photo, est invité.
Les contributions :
Salima :
Voilà ma contribution ! Je vous présente Homère, mon chat, confiné également… sur ma fenêtre pendant le ménage aujourd’hui… Je vous embrasse ! Salima
Céline :
Voici une photo du joli coucher de soleil de hier soir depuis la fenêtre de notre salon…. À bientôt.. Céline
Françoise :
Depuis le confinement au bout … la rivière.
Manue :
Depuis ma fenêtre …
Lulu :
Vue depuis mon balcon. Au fond le Jura.
Gilles :
Sentier du Mont Jean pour la première photo. Et pour la seconde, Gilles ne se laisse pas aller et il a bien raison !
Régis :
Salut Traces Communes, J’espère que tu ne t’ennuies pas trop à la maison … triste …C’est une super idée que tu as eu. Je m’ennuie terriblement dans mes 4 murs. Je suis tellement assoiffé de grands espaces et de liberté … Ne plus voir les potes est un véritable supplice … Ton appel a vite résonné dans ma tête comme une bouée de sauvetage. Sinon, je crois que j’aurai passé la journée au fond de mon lit à me morfondre … Netflix aurait été ma seule activité du jour …Bref soit remercié de ton initiative ! Je relève le défi et t’en propose un autre, à tous, tes si sympathiques adhérents qui font la force de cette belle association.Depuis la fenêtre de ma cuisine j’ai réussi à immortaliser deux petits volatils … saura tu les retrouver dans ce fouillis végétal ?A bientôt et surtout … prends soin de toi ! On va avoir besoin de toi dans les prochaines semaines pour nous faire oublier cette longue période devant la TV. Peace. Régis
Sophie :
Les premiers rayons de soleil du matin qui zèbrent la terrasse, annonçant une douce journée de printemps suffisent à me contenter. Inutile de désirer davantage en ce temps de confinement. Il s’agit juste de recevoir ce que la nature nous offre, juste derrière la fenêtre . Tout comme nos félins pour qui rien n’a changé.
Merci à Régis pour les notes prises tout au long de la cueillette, ainsi que pour les photos de notre récolte.
Ail des ours : Attention à la confusion avec le muguet qui lui, est toxique. L’Ail des Ours s’utilise en pesto, tartinade, dans les salades ainsi que dans la soupe.
Aubépine : en tisane anti-stress, la feuille jeune peut être consommée en salade. Les fleurs sont comestibles mais très jeunes. Toute l’année.
Fleur d’aubépine
Campanule : toute la plante se consomme crue ou cuite, y compris la racine. Parfum de carottes. La fleur permet de décorer des préparations apéritives, des salades ou des desserts.
Fleurs de campanule
Chénopode blanc : la mauvaise herbe qui pousse partout … et que l’on peut valoriser car il est très nutritif. Sa saveur est proche de l’épinard. Il se consomme en salade, en omelette, tarte salée ou bien lasagne. Les graines peuvent être valorisées sous forme de gruau.
Chénopode blancChénopodes blanc et rose
Compagnon rouge : la fleur et la feuille s’utilisent, crues ou cuites. La fleur est très décorative.
Compagnon rouge et fleurs de campanule
Consoude : utilisation de la feuille en d’étonnants beignets très nourrissants. Attention à la confusion avec la digitale qui elle, est toxique. Les feuilles de consoude mises dos à dos ont un effet « velcro », elles sont moins souples et plus rèches que les feuilles de digitale qui sont recouvertes de poils.
Feuilles de consoude dos à dosPlante de consoude en fleursFeuilles de digitale, toxiques
Egopode / Aegopode : consommation des feuilles crues ou cuites, en salade, en tourte. Elle est traditionnellement utilisée pour soigner la goutte et les rhumatismes. Les pétioles ont une forme triangulaire et les feuilles sont disposées par lot de 3.
Aegopode / Egopode
Eglantine : les jeunes feuilles peuvent consommées en salade. Le fruit (cynorhodons) peut être récolté de septembre à novembre.
Fleur d’églantine
Epiaire des bois : Elle a le gout de champignon. Elle ressemble à l’ortie mais elle ne pique pas. Consommer plutôt les feuilles et jeunes pousses mais il est possible de consommer ses fleurs. Idéale pour des sauces ou en omelette.
Epiaire des bois
Fenouil : les feuilles sont à déguster cru ou émincées dans des salades par exemple.
Plan de fenouil en fleur
Fraises des bois : les jeunes feuilles et les fruits sont comestibles. Forte teneur en vitamine C. Attention à ne pas confondre avec son plus proche cousin, le ”Duchesnea Indica”, ou fraisier des Indes, qui colonise aussi les sous-bois français, et qui est toxique : ses fruits n’ont pas d’odeur.
Feuilles de fraisier des bois
Gaillet : plante idéale pour faire une cure de vitamine C. Les fleurs, tiges (à section carrée) et fruits sont comestibles en sélectionnant les jeunes pousses en particulier au printemps. Si la saison est avancée, il devient filandreux.
Gaillet
Galinsoga : les feuilles se mangent crues ou cuites.
Géranium Herbe à Robert ou Bec de Grue : soigne les plaies car il est vulnéraire. Les feuilles sont astringentes (idéale pour calmer les aphtes par exemple). Si l’on frotte les feuilles, cela éloigne les moustiques. Les fleurs peuvent être consommées en salade ou pour décorer un dessert.
Géranium Herbe à Robert
Hêtre : les feuilles de hêtre jeunes peuvent être ajoutées aux salades. Les faînes (noix triangulaires) sont délicieuses mais très difficiles à décortiquer. 3 faînes par fruit.
Lierre terrestre : très parfumés par exemple en tartinade ou bien en dessert.
Lierre terrestre
Marguerite : les feuilles avant la floraison peuvent être utilisées en salade, les pétales peuvent décorer une salade ou un dessert et se consomment.
Feuille de marguerite
Mouron des oiseaux : la plante se mange crue ou cuite. Elle est riches en minéraux.
Mouron des oiseaux
Origan sauvage : idéal pour aromatiser les tartes salées ou les pizzas.
Origan sauvage
Ortie : à manger jeune en soupe (avec de la pomme de terre), en lasagnes ou en soufflé. Cette plante contient beaucoup de minéraux et elle est très dépurative.
Ortie
Oseille : la feuille peut être utilisée en salade, sauce, tourte et soupe. Toute l’année. Léger goût acidulé.
Feuille et fleurs d’oseille
Oxalis : C’est la petite oseille sauvage. Désaltérante au goût citronné. A déconseiller aux personnes sensibles des reins par contre. Les feuilles se consomment toute l’année, les fleurs d’Avril à Juin et les jeunes fruits en Mai / Juin. Idéal en dessert ou dans des salades ou pour se désaltérer lors d’une randonnée sous la chaleur pour passer un peu la soif.
Feuilles d’oxalis
Pimprenelle : la petite pimprenelle est à la fois comestible et médicinale. Vous pouvez manger ses feuilles au goût de concombre et les ajouter à des gaspachos avec un peu de feuilles de lierre terrestre. Toute la plante est utilisée pour ses vertus médicinales, contre les diarrhées et les petits saignements.
Pimprenelle
Plantain : Toute l’année. Bourgeons jeunes (gâteaux apéros) et feuilles tendres. Gout de champignon et peut être utilisé en omelettes, salades par exemple. Plante anti-allergène efficace sur les piqûres d’insectes ou les petites blessures.
Feuilles de plantainFleurs de plantain en graines
Prunelle : les fleurs peuvent être utilisées pour faire du sirop. En début d’automne les baies noires peuvent être préparées lacto-fermentées les baies et utilisées dans une vinaigrette.
Prunelles vertes
Renouée du Japon : ses jeunes tiges sans feuilles sont comestibles. Parfum ressemblant à l’oseille ou à la rhubarbe.
Ronce : la feuille est idéale en tisane. Très bon pour les reins. Plante riche en tanin. Assez proche du thé.
Feuilles de ronce
Rose : les pétales de roses sont comestibles.
Serpolet : consommation des feuilles, crues ou cuites en salade, tisane, aromatique. Il fluidifie et fait expectorer les mucosités, calme la toux et désinfecte les voies respiratoires. Le thym serpolet est reconnu pour ses vertus diurétiques. Il est aussi utile en cas de grippe intestinale, de douleurs gastrique type brûlures d’estomac, il détend aussi les personnes surmenées ou surexcitées.
Serpolet
Silèneenflée : les feuilles sont croquantes et légèrement sucrées, avec un goût rappelant le petit pois. Elles se cueillent d’octobre à avril et peuvent être consommées en salade. La fleur peut être consommée en salade.
Silène enflée
Sureau noir : au printemps on utilise les ombelles bien fleuries (beignets, boissons, compotes,avec de la rhubarbe par exemple), en automne on utilise les baies noires en gelée ou confiture. Le sureau noir est un arbuste et ne doit pas être confondu avec le sureau hièble, vivace herbacée dont les baies sont toxiques.
Ombelle de sureau noir, à peine en fleurRécolte de fleurs de sureau noir
Trèfle : les feuilles peuvent consommées quand elles sont jeunes, et les fleurs en petite quantité crues ou cuites.
Feuilles de trèfle
Véronique : se mange crue, en plante décorative et aromatique.
Véronique
Violette : les feuilles se consomment crues dans les salades, ou cuites dans les soupes par exemple. Possible de les utiliser en infusion pour soigner les maux de gorges car elles ont des propriétés expectorantes et adoucissantes.
Les recettes qui suivent ont été réalisées dans le cadre d’un atelier cueillette et cuisine de plantes sauvages.
Tartinade au lierre terrestre
Cueillir du lierre terrestre.
Ebrancher pour ne récupérer que les feuilles.
Les laver à l’eau vinaigrée.
Hacher très fin.
Mélanger avec du fromage de chèvre frais ou du fromage de vache frais (type Saint Moret par exemple).
Tartiner sur des petits toast, du pain grillé, des gâteaux neutres ou des gâteaux salés type « Tucs.
Décorer de fleurs de pensée ou de campanule.
Déguster frais.
Tartinades au beurre de feuilles de bourrache
Cueillir des feuilles de bourrache.
Ebrancher pour ne récupérer que les feuilles et ôter la nervure centrale.
Laver à l’eau vinaigrée.
Hacher très fin.
Mixer les feuilles avec le beurre en morceau jusqu’à obtenir la texture d’une pommade.
Tartiner sur des petits toast, du pain grillé, des gâteaux neutres ou des gâteaux salés type « Tucs.
Décorer de fleurs de pensée ou de campanule.
Déguster frais.
Boulettes de chèvre aux fleurs
Cueillir des fleurs de trèfles, de coquelicots, des feuilles de lierre terrestre. Prévoir quelques fleurs de pensées pour la décoration.
Découper finement l’ensemble des fleurs.
Découper des tranches de radis.
Poser sur les tranches de radis une feuille de lierre terrestre.
Faire des boulettes avec du fromage de chèvre.
Les rouler dans les fleurs découpées.
Piquer avec des cures dents et déposer la boulette sur les tranches de radis.
Déposer délicatement une petite fleur au-dessus du cure dent pour décorer.
Servir frais.
Salade de plantes sauvages, parsemée de fleurs
Cueillir diverses plantes sauvages : feuilles de bourrache, orties, lierre terrestre, aegopode, chénopode, feuilles de consoude, gaillet, feuilles d’oxalis, feuilles de plantain, feuilles et fleurs de trèfle, feuilles de pimprenelle, feuilles de mouron des oiseaux, feuilles de galinsoga, … Pour décorer, utiliser des fleurs de pensée, de campanule, de marguerites (pétales), de géranium Robert, …
Emincer les feuilles les plus charnues.
Assaisonner.
Parsemer de fleurs.
Servir frais.
Samosas aux plantes sauvages
Cueillir diverses plantes sauvages : feuilles de bourrache, orties, lierre terrestre, aegopode, chénopode, feuilles de consoude, feuilles de plantain, feuilles de galinsoga, …
Laver les plantes à l’eau vinaigrée.
Enlever les nervures épaisses, émincer les feuilles les plus charnues.
Faire revenir un oignon dans une poêle.
Faire fondre les feuilles à la poêle en commençant par les plus charnues. Ajouter les feuilles les plus tendres au fur et à mesure.
Après la cuisson, ajouter de la crème fraiche pour lier la préparation, assaisonner.
Garnir les feuilles de brick et plier pour obtenir des samosas.
Cuire au four dans un plat huilé.
Décorer le plat de fleurs sauvages.
Servir chaud avec une salade aux herbes.
Soles de feuilles de consoude
Cueillir des feuilles de consoude par paire
Rincer les feuilles à l’eau vinaigrée.
Préparer une pâte à beignet salée.
Placer les feuilles de consoude dos à dos (effet velcro), en gardant les pétioles.
Tremper les feuilles dans la pâte à beignet.
Faire frire dans une poêle.
Servir chaud avec des rondelles de citron et un légume d’accompagnement.
Compotée de rhubarbe aux fleurs de sureau noir
Cueillir des fleurs de sureau noir (une ombelle par personne).
Faire une compotée de rhubarbe.
Pendant ce temps, séparer les fleurs de leur queue.
Ajouter les fleurs de sureau à la rhubarbe en fin de cuisson (quelques minutes).
Verser dans des ramequins et laisser refroidir.
Servir la compotée fraiche, décorée de fleurettes.